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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 23:52

... moi je dormais et le soleil aussi... prochain rendez vous en 2117... je reviendrai ... par contre j'ai vu la tres belle exposition des Vé nus de  Degas au musée d'Orsay avec ses fameux "monotypes" monochromes à l'encre noire sur verre qui m'ont beaucoup influencé jadis... "Tout ce beau va me suivre encore un bout de la vie..."

 

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 22:57

         « L’homme est une corde tendue entre l’animal et le surhomme, une corde au dessus d’un abîme"


           Ainsi commençait l'expo "DIE BRUCKE" sur l'origine de l'expressionnisme vue au musée de Grenoble... quand à Elsa, a 2 ans et 9 mois dans ses dessins expressionnistes apparaît déjà le "bonhomme"... parfois je la regarde et je pleure... ces mots de Nietzsche me reviennent souvent... la maman ne comprend pas de quoi je parle...

Ce blog est mon histoire en langue des oiseaux


PAPA-par-Elsa.jpg

© Elsa 2 ans et 9 mois "le bonhomme"

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 23:18

     Elsa n'a pas 3 ans et le loup est déjà dans la bergerie...

Les yeux d'Elsa DSC5019

 

Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs
L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé

 

Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche
Par où se reproduit le miracle des Rois
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois

Le manteau de Marie accroché dans la crèche 


Aragon

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 20:28

        Cette nuit tout la ville est sous la lune. Il gèle. Le vent est tombé. Les rues sont comme du fer. Nous étions rentrés les uns et les autres nous coucher. C'était fait. Un grand silence. Nous entendions bouger nos pensées dans nos têtes. Elles étaient exactement comme des oiseaux: à chaque mouvement elles déployaient de grandes ailes pleines de couleur. C'était avant le sommeil. Nous avions les yeux fermés. Nous étions étendus raides comme des morts sous les draps glacés.

(Les vrais richesses. J Giono)



je suis malade...

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 21:53

                     Un froid piquant, un climat politique insolant... je croyais que 2012 allait tout arranger... puis j'ai attendu le début de l'année du Dragon qui commence un peu plus tard en janvier, puis j'ai attendu février... mais je retourne à l'intérieur de moi... dehors, dans le froid des hommes travaillent  sur les toits... moi je travaille pour moi... la photographie travaille sur l'émoi, tant que l'homme ne perd pas le sens de la vue et de l'indignation... au fond de moi je sais que je suis lâche et bien au chaud.... Elsa à un oeil qui pleure... mais la vie est plus forte... comment illustrer de tel propos... une fenêtre ouverte?

fenêtre Blanav

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 21:28

72violoniste-blanche.jpg

J'ai reçu ce mail, je vous le transmet...

 

un beau moment de désobéissance citoyenne et chantée
Lire le texte (même s'il est un peu long) avant d'aller à la vidéo, pour bien comprendre l'un de ces actes de résistances inattendues et, en cela essentielles gouttes d'eau parmi toutes les autres ..


Début du message réexpédié :

L’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa  création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une  représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco  de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.

Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que  politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le  fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En  Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans  les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire  des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’Italie  unifiée.

Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire  de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes  dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’Alemanno est  un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

Cette intervention politique, dans un moment  culturel des plus symboliques pour l’Italie, allait produire un effet  inattendu, d’autant plus que Sylvio Berlusconi en personne assistait à la  représentation…

Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef  d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au  tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons  commencé l’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes  arrivés au fameux chant Va Pensiero, j’ai immédiatement senti que  l’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne  pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du  public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le Va  Pensiero allait démarrer, le silence s’est rempli d’une véritable ferveur.  On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des  esclaves qui chantent : « Oh ma patrie, si belle et perdue ! ».

Alors que le Chœur arrivait à sa fin, dans le public  certains s’écriaient déjà : « Bis ! » Le public commençait à crier « Vive  l’Italie ! » et « Vive Verdi ! » Des gens du poulailler (places tout en haut  de l’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages  patriotiques – certains demandant « Muti, sénateur à vie »

Bien qu’il l’eut déjà fait une seule fois à La Scala  de Milan en 1986, Muti hésita à accorder le « bis » pour le Va pensiero.  Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire  simplement jouer un bis. Il fallait qu’il y ait une intention particulière.  », raconte-t-il.

Mais le public avait déjà réveillé son sentiment  patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors  retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M.  Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :
[Après que les  appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on
entend dans le  public : "Longue vie à l'Italie !"]
 
Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis  d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...

[applaudissements]

Muti : Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais  en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se  passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de bis pour le "Va  Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je  ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Choeur qui  chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons  ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est  bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment "belle et  perdue".

[Applaudissements à tout rompre, y compris des  artistes sur scène]

Muti : Depuis que règne par ici un "climat italien",  moi, Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais  maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant ; comme nous sommes  dans notre Maison, le théatre de la capitale, et avec un Choeur qui a chanté  magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez  bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous  ensemble.

C’est alors qu’il invita le public à chanter avec le  Chœur des esclaves. « J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de  Rome s’est levé. Et le Chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique  dans l’opéra. »

« Ce soir-là fut non seulement une représentation du  Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à  l’attention des politiciens.


Voici une vidéo de ce moment plein  d'émotion

   http://www.youtube.com/embed/G_gmtO6JnRs 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 23:57

Mt Thabor avec Ali&Pat

                               Les joies de l'argentique c'est de développer ces photos du mois d'Août en Décembre... elles attendaient ça, tranquilles au chaud dans leur bobine... je retrouve à travers elles les questions graves que j'avais dans la tête, même au sommet du mont Thabor...

Mes camarades de course seront peut-être déçus de ne pas se reconnaître... je leur dirai à chacun qu'il sont l'un des petits personnages sur le chemin...

verticale avec l'ombre du sac

 

 

 

 

 

 

 

 

 montagne et vallée

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 11:11

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Petite Elsa, la génération mutante
Entretien
Philosophe et historien des sciences, Michel Serres réclame l’indulgence pour les jeunes, obligés de tout réinventer dans une société bouleversée par les nouvelles technologies.
Par PASCALE NIVELLE

Michel Serres, diplômé de l’Ecole navale et de Normale Sup, a visité le monde avant de l’expliquer à des générations d’étudiants. Historien des sciences et agrégé de philosophie, ancien compagnon de Michel Foucault, avec qui il a créé le Centre universitaire expérimental de Vincennes en 1968, il a suivi René Girard aux Etats-Unis, où il enseigne toujours, à plus de 80 ans. Ce prof baroudeur, académicien pas tout à fait comme les autres, scrute les transformations du monde et des hommes de son œil bleu et bienveillant. Son sujet de prédilection : la jeune génération, qui grandit dans un monde bouleversé, en proie à des changements comparables à ceux de la fin de l’Antiquité. La planète change, ils changent aussi, ont tout à réinventer. «Soyons indulgents avec eux, ce sont des mutants», implore Michel Serres, par ailleurs sévère sur sa génération et la suivante, qui laisseront les sociétés occidentales en friche. Entretien.

 


Vous annoncez qu’un «nouvel humain» est né. Qui est-il ?
 C’est l’écolier, l’étudiante d’aujourd’hui, qui vivent un tsunami tant le monde change autour d’eux. Nous connaissons actuellement une période d’immense basculement, comparable à la fin de l’Empire romain ou de la Renaissance.
Nos sociétés occidentales ont déjà vécu deux grandes révolutions : le passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. La troisième est le passage de l’imprimé aux nouvelles technologies, tout aussi majeure. Chacune de ces révolutions s’est accompagnée de mutations politiques et sociales : lors du passage de l’oral à l’écrit s’est inventée la pédagogie, par exemple. Ce sont des périodes de crise aussi, comme celle que nous vivons aujourd’hui. La finance, la politique, l’école, l’Eglise… Citez-moi un domaine qui ne soit pas en crise ! Il n’y en a pas. Et tout repose sur la tête de Petite Elsa car les institutions, complètement dépassées, ne suivent plus. Elle doit s’adapter à toute allure, beaucoup plus vite que ses parents et ses grands-parents. C’est une métamorphose !


Cette mutation, quand a-t-elle commencé ?
Pour moi, le grand tournant se situe dans les années 1965-1975, avec la coupure paysanne, quand la nature, notre mère, est devenue notre fille. En 1900, 70% de la population française travaillait la terre, ils ne sont plus que 1% aujourd’hui. L’espace vital a changé, et avec lui «l’être au monde», que les philosophes allemands comme Heidegger pensaient immuable. La campagne, lieu de dur travail, est devenue un lieu de vacances. Petite Elsa ne connaît que la nature arcadienne, c’est pour elle un terrain de loisirs et de tourisme dont elle doit se préoccuper. L’avenir de la planète, de l’environnement, du réchauffement climatique… tout est bousculé, menacé.
Prenons l’exemple du langage, toujours révélateur de la culture : il n’y a pas si longtemps, un candidat au concours de l’Ecole normale était interrogé sur un texte du XIXe siècle qui parlait de moissons et de labourage. Le malheureux ignorait tout le vocabulaire ! Nous ne pouvions pas le sanctionner, c’était un Petit Poucet qui ne connaissait que la ville. Mais ce n’est pas pour ça qu’il était moins bon que ceux des générations précédentes. Nous avons dû nous questionner sur ce qu’étaient le savoir et la transmission. 72TEL_DSC2215.jpg


C’est la grande question, pour les parents et les enseignants : que transmettre entre générations ?
Déjà, Petit Poucet et Petite Elsa ne parlent plus ma langue. La leur est plus riche, je le constate à l’Académie française où, depuis Richelieu, on publie à peu près tous les quarante ans le dictionnaire de la langue française. Au siècle précédent, la différence entre deux éditions s’établissait à 4 000 ou 5 000 mots. Entre la plus récente et la prochaine, elle sera d’environ 30 000 mots. A ce rythme, nos successeurs seront très vite aussi loin de nous que nous le sommes du vieux français !
Cela vaut pour tous les domaines. A la génération précédente, un professeur de sciences à la Sorbonne transmettait presque 70% de ce qu’il avait appris sur les mêmes bancs vingt ou trente ans plus tôt. Elèves et enseignants vivaient dans le même monde. Aujourd’hui, 80% de ce qu’a appris ce professeur est obsolète. Et même pour les 20% qui restent, le professeur n’est plus indispensable, car on peut tout savoir sans sortir de chez soi ! Pour ma part, je trouve cela miraculeux. Quand j’ai un vers latin dans la tête, je tape quelques mots et tout arrive : le poème, l’Enéide, le livre IV… Imaginez le temps qu’il faudrait pour retrouver tout cela dans les livres ! Je ne mets plus les pieds en bibliothèque. L’université vit une crise terrible, car le savoir, accessible partout et immédiatement, n’a plus le même statut. Et donc les relations entre élèves et enseignants ont changé. Mais personnellement, cela ne m’inquiète pas. Car j’ai compris avec le temps, en quarante ans d’enseignement, qu’on ne transmet pas quelque chose, mais soi. C’est le seul conseil que je suis en mesure de donner à mes successeurs et même aux parents : soyez vous-mêmes ! Mais ce n’est pas facile d’être soi-même.


Vous dites que les institutions sont désuètes ?
Souvenez-vous de Domenech qui a échoué lamentablement à entraîner l’équipe de France pour le Mondial de foot. Il ne faut pas lui en vouloir. Il n’y a plus un prof, plus un chef de parti, plus un pape qui sache faire une équipe ! Domenech est en avance sur son temps ! Il faudrait de profondes réformes dans toutes les institutions, mais le problème, c’est que ceux qui les diligentent traînent encore dans la transition, formés par des modèles depuis longtemps évanouis.
Un exemple : on a construit la Grande Bibliothèque au moment où l’on inventait Internet ! Ces grandes tours sur la Seine me font penser à l’observatoire qu’avaient fait construire les maharajahs à côté de Delhi, alors que Galilée, exactement à la même époque, mettait au point la lunette astronomique. Aujourd’hui, il n’y a que des singes dans l’observatoire indien. Un jour, il n’y aura plus que des singes à la Grande Bibliothèque. Quant à la politique, c’est un grand chantier : il n’y a plus de partis, sinon des machines à faire élire des présidents, et même plus d’idéaux. Au XIXe siècle, on a inventé 1 000 systèmes politiques, des marxistes aux utopistes. Et puis plus rien, c’est bizarre non ? Il est vrai que ces systèmes ont engendré 150 millions de morts, entre le communisme, la Shoah et la bombe atomique, chose que Petite Elsa ne connaîtra pas, et tant mieux pour elle. Je pense profondément que le monde d’aujourd’hui, pour nous, Occidentaux, est meilleur. Mais la politique, on le voit, n’offre plus aucune réponse, elle est fermée pour cause d’inventaire. Ceci dit, moi non plus, je n’ai pas de réponses. Si je les avais, je serais un grand philosophe.

72poupee_DSC1883.jpg Les appartenances culturelles n’ont-elles pas pris de l’importance ?
Pendant des siècles, nous avons vécu d’appartenances, et c’est ce qui a provoqué bien des catastrophes. Nous étions gascons ou picards, catholiques ou juifs, riches ou pauvres, hommes ou femmes. Nous appartenions à une paroisse, une patrie, un sexe… En France, tous ces collectifs ont explosé, même si on voit apparaître des appartenances de quartier, des communautés autour du sport. Mais cela ne constitue pas les gens. Je suis fan de rugby et j’adore mon club d’Agen, mais cela reste du folklore, l’occasion de boire de bons coups avec de vrais amis… Quant aux intégrismes, religieux ou nationalistes, je les apparente aux dinosaures. La Petite Elsa a des amis musulmans, sud-américains, chinois, elle les fréquente en classe et sur Facebook, chez elle, partout dans le vaste monde. Pendant combien de temps lui fera-t-on encore chanter «qu’un sang impur abreuve nos sillons» ?


Que répondez-vous à ceux qui s’inquiètent de voir évoluer les jeunes dans l’univers virtuel des nouvelles technologies ?
Sur ce plan, Petite Elsa n’a rien à inventer, le virtuel est vieux comme le monde ! Ulysse et Don Quichotte étaient virtuels. Madame Bovary faisait l’amour virtuellement, et beaucoup mieux peut-être que la majorité de ses contemporains. Les nouvelles technologies ont accéléré le virtuel mais ne l’ont en aucun cas créé. La vraie nouveauté, c’est l’accès universel aux personnes avec Facebook, aux lieux avec le GPS et Google Earth, aux savoirs avec Wikipédia. Rendez-vous compte que la planète, l’humanité, la culture sont à la portée de chacun, quel progrès immense ! Nous habitons un nouvel espace… La Nouvelle-Zélande est ici, dans mon iPhone ! J’en suis encore tout ébloui !
Ce que l’on sait avec certitude, c’est que les nouvelles technologies n’activent pas les mêmes régions du cerveau que les livres. Il évolue, de la même façon qu’il avait révélé des capacités nouvelles lorsqu’on est passé de l’oral à l’écrit. Que foutaient nos neurones avant l’invention de l’écriture ? Les facultés cognitives et imaginatives ne sont pas stables chez l’homme, et c’est très intéressant. C’est en tout cas ma réponse aux vieux grognons qui accusent Petite Elsa de ne plus avoir de mémoire, ni d’esprit de synthèse. Ils jugent avec les facultés cognitives qui sont les leurs, sans admettre que le cerveau évolue physiquement.


L’espace, le travail, le savoir, la culture ont changé. Et le corps ?72dpiElsa-au-pot_DSC1783.jpg
Petite Elsa n’aura pas faim, pas soif, pas froid, sans doute jamais mal, ni même peur de la guerre sous nos latitudes. Et elle vivra cent ans. Comment peut-elle ressembler à ses ancêtres ? Ma génération a été formée pour la souffrance. La morale judéo-chrétienne, qu’on qualifie à tort de doloriste, nous préparait tout simplement à supporter la douleur, qui était inévitable et quotidienne. C’était ainsi depuis Epicure et les Stoïciens.
Savez-vous que Louis XIV, un homme pas ordinaire, a hurlé de douleur tous les jours de sa vie ? Il souffrait d’une fistule anale, qui n’a été opérée qu’au bout de trente ans. Son chirurgien s’est entraîné sur plus de 100 paysans avant… Aujourd’hui, c’est un coup de bistouri et huit jours d’antibiotiques. Je suis le dernier client de mon dentiste qui refuse les anesthésies, il n’en revient pas ! Ne plus souffrir, c’est un changement extraordinaire. Et puis, on est beaucoup plus beau aujourd’hui. Quand j’étais petit, les paysans étaient tous édentés à 50 ans ! Et pourquoi croyez-vous que nos aïeux faisaient l’amour habillés, dans le noir ? La morale, le puritanisme ? Rigolade ! Ils étaient horribles, tout simplement. Les corps couverts de pustules, de cicatrices, de boutons, ça ne pouvait pas faire envie. La fraise, cette collerette que portaient les nobles, servait à cacher les glandes qui éclataient à cause de la petite vérole ! Petite Poucette est jolie, elle peut se mettre toute nue, et son copain aussi. Quand on la prend en photo, elle dit «cheese», alors que ses arrière-grands-mères murmuraient «petite pomme d’api» pour cacher leurs dents gâtées.
Ce sont des anecdotes révélatrices. Car c’était au nom de la pudeur, et donc de la religion et de la morale, qu’on se cachait. Tout cela n’a plus cours. Je crois aussi que le fait d’être «choisi» lorsqu’on naît, à cause de la contraception, de l’avortement, est capital dans ce nouvel état du corps. Nous naissions à l’aveuglette et dans la douleur, eux sont attendus et entourés de mille soins. Cela ne produit pas les mêmes adultes.


72pleurs_DSC0410.jpgL’individu nouveau a une très longue vie devant lui, cela change aussi la façon d’appréhender l’existence…
Une longue vie devant et aussi derrière lui. L’homme le plus cultivé du monde des générations précédentes, l’uomo di cultura, avait 10 000 ans de culture, plus un peu de préhistoire. Petite Elsa  a derrière elle 15 milliards d’années, du big bang à l’homo sapiens, le Grand Récit n’est plus le même ! Et on est entrés dans l’ère de l’anthropocène et de l’hominescence, l’homme étant devenu l’acteur majeur du climat, des grands cycles de la nature. Savez-vous que la communauté humaine, aujourd’hui, produit autant de déchets que la Terre émet de sédiments par érosion naturelle. C’est vertigineux, non ? Je suis étonné que les philosophes d’aujourd’hui, surtout préoccupés par l’actualité et la politique, ne s’intéressent pas à ce bilan global. C’est pourtant le grand défi de l’Occident, s’adapter au monde qu’il a créé. Un beau sujet philosophique...


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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 23:45

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   C Ikeda                                     

         Automne le temps des dossiers... cette fois c'est bien avant la dernière seconde de la dernière heure du dernier jour... de la clôture d'un concours sur "l'équilibre"... (où l'on gagnerait 10 000 € ... ce qui Rééquilibrerait mon déséquilibre financier...)  que je réalise que mon concept de l'équilibre basé sur le déséquilibre... n'est pas tout à fait le même que celui du mécène qui offre cette somme pour illustrer en fait, le rapport annuel de son entreprise... du coup je fais des économies de tirages et de temps, et je redécouvre mes photos de danses oubliées... car
avec cette rentrée qui ne rentre pas... et Raphaël Enthoven qui a disparu de France Culture... apparaît un grand vide... son intelligence me réconciliait avec les Hommes...

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Joel Luech                            

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 23:42

               ... 20h30 film de M. Radford sur Michel Pétrucciani à Utopia...  j'ai pleuré tout le long ... leçon de vie...

pétrucciani DSC1860

               Elsa au piano...

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